01 janvier 2007

Ouverture et limite de l'esprit (2)

Je voulais d'abord parler de Hitler, mais pour des raisons d'actualité pressante, j'ai préféré d'abord parler de Saddam Hussein.

J'aimerais d'abord à titre d'information assez objective vous livrer ces quelques liens :
http://www.voltairenet.org/article9234.html
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4548
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4545
http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4544

Ensuite, j'aimerais brièvement exprimer mon opinion sur cette exécution.
Comme le dit un des intervenants dans les différents liens que je viens de vous donner : j'ai la nausée. Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai senti quelque chose en moi de terriblement désagréable, assez indéfinissable. Mais ce qui est certain, c'est que j'étais très mal à l'aise. Pourquoi ?
D'abord, je suis contre la peine de mort. Viscéralement même. Penser à un homme, quel qu'il soit, entouré d'une corde, pour voir ensuite son poids libéré dans une chute avec une gorge serrée à mort jusqu'à l'étouffement, c'est quelque chose qui m'écoeure. Dans le film "La dernière marche", l'avocat du violeur (Sean Penn, connu pour ses positions progressistes) resignale ce que produit une injection léthale : explosion des organes, et j'en passe. Le but : dégoûter les personnes et faire admettre que la peine de mort est horrible et à bannir de notre civilisation.
Ensuite, quelques semaines après la mort "simple" de Pinochet, voilà une mort atroce pour Saddam. Des gens ont été heureux de voir Pinochet mort. Mais personnellement, je ne souhaiterai jamais la mort d'un homme, fût-il criminel. C'est contraire à mes principes. De plus, je veux la Justice, et sur ce plan-là, on a le droit d'être déçu. En effet, Pinochet n'a pas été condamné, et je ne parle même pas d'Henry Kssinger qui continue à donner des "conseils" au monde. En revanche, Saddam a été exécuté. Cela aussi me dégoûte. Je déteste le deux poids deux mesures, et encore plus dans la géopolitique, car elle implique des intérêts économiques et politiques énormes avec des conséquences gigantesques sur les populations. Pas besoin de faire de dessin.
Vous allez me dire que je sors un peu du cadre de l'esprit, mais ce n'est pas le cas. Après tout, de pareilles considérations, que je considère avant tout comme humanistes (mais aussi anti-impérialistes) ne peuvent être tenues que si on libère son esprit. En effet, pour beaucoup de gens, la peine de mort est quelque chose se souhaitable pour de grands dictateurs. Or, on le voit avec Saddam, c'est loin d'apporter des solutions.

Alors, que penser de ce personnage ? Mérite-t-il notre objectivité ?
Pour essayer d'avoir une vision plus réaliste de la chose, il suffit de regarder ce qu'il se passe actuellement en Irak. Je ne vais pas tout répéter, et les liens que j'ai fournis vous aideront à mieux comprendre la situation. Mais ce qui est certain, c'est que la situation est désastreuse, et comme le dit Jean Bricmont dans un autre texte : "Nous avons droit en Irak à une gigantesque Palestine". Il existe une mortalité infantile énorme, l'espérance de vie a baissé, les conditions d'hygiène sont pitoyables, la sécurité n'est plus assurée. Tout le monde le sait.
En revanche, quoiqu'on pense de Saddam Hussein, il faut bien admettre que les conditions de vie qui régnaient avant n'étaient pas aussi désastreuses, et encore moins avant l'embargo. Il faut bien comprendre que de simples produits pharmaceutiques étaient refusés en Irak sous prétexte qu'ils auraient pu servir à la fabrication d'armes chimiques. Il faut lire Scott Ritter, ancien inspecteur des Nations-Unies en Irak, pour savoir que cela est complètement ridicule. Bref, des enfants mourraient de maladies bénignes parce que les anglo-saxons sombraient dans un délire paranoïde.
Après tout, l'Irak faisait partie des Nations arabes les plus développées. Encore une fois, on peut se demander le prix de tout cela, et aussi le prix d'une grande sécurité dans les villes, mais si on compare le nombre de morts sous Saddam avec le nombre actuel, il n'y a pas photo.
Dire cela est une hérésie pour les intellectuels bellicistes. Parce que Saddam était un tyran, un salaud, un boucher, un satrape. Plein de mots sont adéquats. Mais cela n'empêche pas que notre objectivité nous demande de dénoncer l'un des pires crimes commis par l'humain, qui est le crime contre la paix, défini à Nuremberg : l'attaque d'une nation souveraine qui ne représentait aucun danger. Aujourd'hui, l'avenir est bien sombre. Alors, au diable les attributs pour l'ex-Saddam. Il est mort, il ne dirigeait plus personne. On pourrait même dire que exécution le rend martyr et qu'il pourrait récupérer de l'influence. Mais ça ne sert plus à rien de dire combien il était mauvais. La situation actuelle est provoquée par des occupants, ce sont eux les responsables, ce sont eux qui devraient être punis. Notre ouverture d'esprit nous demande de dénoncer cela et non de faire de grands discours sur la démocratie et les droits de l'homme, discours qui vous vaudront peut-être un siège dans une institution, quelques médailles, vous donneront bonne conscience, mais vous feront passer pour un hypocrite aux yeux du bonne partie des gens du Sud qui ne trouveront que dans le terrorisme la seule issue à cette "vallée de larmes" qu'est la Terre.

Posté par ElNino77 à 20:06 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Ouverture et limite de l'esprit (2)

    combien pour une vie ?

    Cette mort quasiment en direct, renvoie à une autre image, il y a 17 ans, pratiquement jour pour jour.

    Celle de Ceacescu, "dictateur" roumain, exécuté après un simulacre de procès, tombé sous les balles, le corps gisant dans la neige. Cela avait à l'époque fait le tour du monde et laissé un certain dégoût..

    Je rejoins les propos ci-dessus sur la peine de mort, étant personnellement absolument contre, parce que la menace d'une peine capitale n'est pas la solution pour combattre la criminalité, n'est pas non plus la solution pour résoudre un problème politique, n'est pas la solution du tout parce que l'on enlève pas une vie pour en venger une autre...

    Aux Etats-Unis, autoproclamés comme la plus grande démocratie du monde, la plupart des états ont instauré (ou remis au goût du jour) la peine capitale, mais cela n'a rien changé, les auteurs de crimes de toute sorte ne semblent pas particulièrement impressionnés par cette menace, c'est un échec complet pour cette forme de politique contre la violence. De plus, les condamnés à mort s'entassent dans les prisons, où ils attendent parfois plus de 10 ans avant que la sentence soit exécutée, de manière variable selon les états, les américains sont décidément de grands artistes...

    En Irak, cette mort ne résoudra rien non plus, elle ne servira pas d'exemple. Certes, il y a eu procès, mais le gouvernement irakien fantoche n'a été que l'exécuteur des basses oeuvres américaines dans ce processus.

    Finalement, Bush Junior a terminé ce que son père avait commencé en 1991, mais on peut se demander pourquoi à l'époque cette coalition internationale, un peu plus légitime que cette mascarade américano-britannique (légitime, mais il ne faut pas oublier les 300 000 morts irakiens, victimes des bombardements "alliés"), n'a pas été au bout de son opération et arrêté Saddam Hussein.

    Celui-ci a pu ensuite exercer sa vengeance à l'encontre d'une partie de son peuple, sans que quiconque trouve à y redire...

    Les américains sont passés maîtres en manipulations de toutes sortes, mettant en place et destituant les gouvernements à leur guise.

    La mort récente de Pinochet nous renvoie à une autre image, celle du coup d'état de 1973, orchestré par les Etats-Unis, désireux de se débarrasser du trop progressiste Allende. Ils ont même certainement aidé à son "suicide" dans son palais, alors que le pouvoir changeait de main dans le sang et la poudre.

    Les différents pays d'Amérique latine qui ont récemment mis à leur tête des dirigeants "de gauche" feraient bien de se méfier, il est fort à parier qu'un nouveau "11 Septembre" voit le jour chez eux.

    Pas celui de 2001 à New-York, mais celui de 1973 au Chili...

    Posté par eagle78, 01 janvier 2007 à 23:32 | | Répondre
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